
Lorsque l’homme entreprend de se connaître soi-même, il découvre qu’en dehors du Moi que constituent ses pensées, ses sentiments et ses volontés conscientes, il porte en lui un second Moi, plus fort que le premier.
Il se rend compte qu’il est soumis à ce second Moi, ainsi qu’à une puissance supérieure.
Au début ce Moi lui apparaîtra comme un être intérieur au Moi qu’il embrasse de toute son âme pleinement consciente, inclinée vers tout ce qui est bon et vrai. Et il cherchera à dompter cet être inférieur.
Un examen plus profond de soi-même fera connaître à l’homme ce second Moi sous un jour nouveau.
Quand on soumet souvent son existence passée, avec tout ce qu'on a vécu, à un examen rétrospectif, on fait une découverte singulière : et cette découverte apparaît sans cesse de plus d’importance, à mesure qu'on avance en âge. Lorsqu'on se demande :
« Qu'ai-je fait ou dit à telle ou telle époque de ma vie ? » on constate que l’on a fait une foule de choses dont le sens n’apparaît
que beaucoup plus tard dans l’existence. On a fait des choses, il y a six ou sept ans, il y a peut-être vingt ans, dont on se dit avec certitude : « C’est maintenant seulement, longtemps après, que mon intelligence s’est élevée jusqu’à la compréhension de ce que j’ai dit, ou fait à cette époque. »
Beaucoup d’hommes ne parviennent jamais à ces découvertes, parce qu’ils ne s’en avisent pas.
Mais il est extraordinairement fructueux de faire souvent ces voyages d’exploration dans sa propre âme. Car lorsque l’homme se dit : « J’ai fait des choses dans les années passées que je commence à comprendre maintenant seulement, mon intelligence n’était pas mûre alors pour les comprendre. »
Au moment même où l'homme fait cette découverte, son âme est traversée par la sensation suivante : il se sent comme blotti dans le sein d’une bonne Puissance, qui règne dans les profondeurs de son être ; il commence à avoir une confiance de plus en plus assurée dans cette vérité, que dans le sens le plus haut du mot, il n’est pas seul au monde et que ce qu'il comprend, ce dont il a conscience n’est, à vrai dire, qu’une toute petite part de ce qu'il accompli dans l’univers.
L’homme qui peut percevoir le monde spirituel, celui qu’on nomme en ésotérisme « clairvoyant » peut voir, mais non discerner.
Quant à celui qui a acquis la faculté de distinguer entre les êtres et les phénomènes du monde supérieur, on le nomme « initié ».
Par l’initiation, on apprend à classer les différentes sortes d’entités. On peut être clairvoyant sans être initié. Les anciennes écoles occultes se préoccupaient surtout de développer la clairvoyance parce que le danger des erreurs n’était pas grand, mais de nos jours ce danger est devenu si grave que toute
discipline. ésotérique doit se préoccuper de mener l’étudiant au delà de la clairvoyance jusqu’à l’initiation, de manière que le clairvoyant puisse savoir reconnaître les être spirituels qu’il perçoit.
Extrait du livre : Les Guides Spirituels de l'homme et de l’humanité -
RUDOLF STEINER.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire